The Freaks : Shaka Ponk se mobilise pour l’écologie

The Freaks : les artistes se mobilisent pour l'environnement

The Freaks. Il y a quelques mois, cette initiative a vu le jour. A l’origine de ce projet : le groupe Shaka Ponk. Les musiciens ont pris conscience du retard de la France côté écologie. Ils ont décidé de s’engager et sensibiliser les fans. 

C’est une initiative comme on les aime chez Merry Academy. Sous l’impulsion de Shaka Ponk, le collectif « The Freaks » vient de voir le jour. Leur idée : rassembler artistes et people autour de l’écologie, et sensibiliser les fans. Notamment à travers des petits gestes du quotidien, facilement applicables et bons pour la planète.

Une cinquantaine de célébrités se sont déjà engagée à adopter de nouveaux comportements, pour lutter contre le réchauffement climatique, la surconsommation ou la pollution. Au hasard : Samuel Le Bihan, les Cats on Tree, Nagui, Audrey Pulvar, Zazie ou Rémi Gaillard. Et cette communauté de personnalités fans de gestes « freaky » augmente de jour en jour.

J’ai donc voulu en savoir plus sur cette initiative, et je suis allé voir Frah, le chanteur de Shaka Ponk, qui a accepté de répondre à mes questions.



Le projet the-freaks.fr. vient de voir le jour, après trois ans de maturation. Comment est-il née cette idée ?

Frah, chanteur de Shaka Ponk, à l’origine du projet

Il y a quelques années, nous avons été sensibilisés par un projet lancé par la fondation pour la nature et l’homme (anciennement fondation Nicolas Hulot). « MY POSITIVE IMPACT ». C’est un concours proposé à des associations ou collectivités qui proposent un projet innovant pour le climat. On a pu y découvrir de très belles propositions. Puis on a été invité à la fondation, et là on a compris qu’écologiquement on était encore très très loin… ça nous a mis un coup mais ça nous a aussi boosté… Il fallait « faire » quelque chose de concret.

Un guide de l’écologie pour les nuls

Et donc, vous avez décidé de lancer ce « guide de l’écologie pour les nuls » comme tu le dit ?

Oui, d’un point de vue général, on est très en retard. La France n’a pas compris l’urgence écologique (le monde non plus). Je crois que la plupart d’entre nous voit cela comme un concept, un truc pas appréhendable, presque virtuel. Les gens perçoivent qu’il y a un vrai problème mais ils se sentent impuissants. Voilà pourquoi on a voulu proposer à travers « THE FREAKS » , des gestes efficaces et à portée de tous. Des gestes qui multipliés auront un réel impact sur le climat. Nous avons travaillé 3 ans avec la FNH et L’ADEME pour établir cette liste. Nous avons décortiqué la journée type d’un consommateur lambda (quelle que soit son statut, son job, son niveau social, sa position géographique). Nous avons alors trouvé environ 200 gestes et comportements que nous faisons tous du levé au couché.
Le process était alors le suivant : 

Nous proposions à la FNH/ADEME des idées de changement, des améliorations sur certains de ces gestes, ou alors nous en propositions des nouveaux. Quand les pros (FNH et ADEME) validaient ces améliorations comme étant de vraies solutions pertinentes et extrêmement efficaces pour lutter contre la pollution et pour protéger la biodiversité (et c’était loin d’être le cas pour tous ces gestes) alors nous partions sur le terrain vérifier que l’idée était accessible et réalisable. Si c’était efficace ET accessible, alors nous validions le geste. C’est pour cela qu’il n’y en a qu’une trentaine. C’est peu, mais ils sont étudiés en profondeur et c’est ce qui rend cette liste et les explications qui vont avec très efficace.

Le ton employé est assez léger, fun. Du genre : « L’été je privilégie un ventilateur à la clim (et je vis à poil) » ou « Plus de bain (ou trèèèèès rarement et seulement si vous êtes deux dedans) », par exemple. 
C’était important de détourner ou vous approprier ce discours ?

Le ton que nous employons se veut simple et accessible à tous. C’est vrai que le mot « écologie » a longtemps eu une connotation poussiéreuse, on imaginait le gars habillé à l’ancienne, avec une barbe grise et un ton monocorde. En vrai, les choses doivent changer et en nous appelant « THE FREAKS » on a aussi voulu montrer que ce sont parfois les gens différents qui ont raison. Celui qui sort du rang a parfois raison de le faire, nous proposons donc aux gens de faire « autrement ». Avec un peu de courage on peut se décaler un peu, prendre du recul et ainsi faire un réel état des lieux. Aller dans le sens du vent est toujours plus simple, sauf lorsqu’il nous mène au précipice.

Vous avez commencé à recruter du people. Vous allez continuer. Est-ce que c’est facile de les convaincre ?

Plus facile qu’on ne pensait. Cependant on a essuyé quelques refus. Souvent motivés par de la culpabilité ou de la peur de ne pas être à la hauteur des gestes. On ne veut pas être donneurs de leçons, l’idée est de proposer des gestes qui peuvent changer les mentalités, apprendre ensemble, évoluer ensemble. Prendre conscience ensemble que nos actes quotidiens ont des répercussions sur la planète. The FREAKS rassemble des people à gros réseau qui s’engagent à adopter certain de ces gestes et à expliquer à leurs followers comment il font et pourquoi il faut le faire.

 « En consommant différemment. Le mouvement viendra du plus grand nombre. »

Certains diraient que… ce n’est pas votre rôle à vous de faire cette sensibilisation ?

On parle de conséquences catastrophiques qui vont intervenir dans les 20 ou 30 prochaines années … C’est le rôle de tout le monde de prendre ces informations très au sérieux. Quelques soient nos métiers, on est tous citoyens et on a tous un rôle à jouer en ce qui concerne la planète. On a tous une responsabilité par rapport à notre environnement. On ne peut plus se contenter de consommer à l’aveugle, jeter des graines sur une terrain stérile. Nous construisons nos maisons sur des sables mouvants, nous polluons nos océans… Nous aurons tous à payer les conséquences de notre passivité, alors nous estimons avoir le droit et surtout le devoir d’agir en tant que citoyens.

Une réflexion que vous avez dû entendre un millier de fois : « Pourquoi je ferais des efforts. Après tout, les autres, et notamment les entreprises et les industriels n’en font pas ? »

Oui c’est une phrase devenue banale. Les industriels sont bien plus pollueurs que nous. Mais n’oublions pas qu’ils polluent aussi à notre demande. Si nous consommons différemment, ils n’auront d’autres choix que de s’adapter. Pareils pour les politiques. On peut désormais refuser d’avaler les pesticides qu’ils nous imposent. En consommant différemment. Le mouvement viendra du plus grand nombre.

Mais c’est vrai que nous sommes à un tournant de l’histoire de l’humanité où les hommes politiques et les industriels peuvent être les plus grands lâches de l’histoire ou les plus grands héros.

 « Le problème vient aussi de nos mentalités, nous devons réapprendre ce que la société nous pousse à oublier, la solidarité par exemple »

 « Soit toi-même le changement que tu veux voir dans le monde ». C’est une citation de Ghandi que l’on peut voir à la fin de la vidéo de présentation du projet. C’est ça, justement l’idée ? Que les citoyens que nous sommes changent leur manière de consommer pour « forcer » les décideurs, les entreprises… à suivre ou s’adapter ?

L’idée est justement d’arrêter de suivre ce flot d’hyper consommation dans lequel nous nous noyons. Nous avons perdu le sens de la réalité, nous nous sommes éloignés de la nature et nous voulons toujours plus, quitte à ce que l’autre ait moins. Le problème vient aussi de nos mentalités, nous devons réapprendre ce que la société nous pousse à oublier, la solidarité par exemple… Ghandi par cette phrase nous pousse à réfléchir, à reprendre confiance en notre pouvoir, à nous auto-donner la capacité de réfléchir par nous-même. Les plus grands des combats sont menés par le peuple, et non pas par les politiques. Sans les gens, les politiques et les industriels ne sont rien. De nos jours, le choix d’un produit est basé sur 2 critères : Est ce qu’il est abordable et à portée de main ? (le concept du peu cher et du « maintenant tout de suite »).

Ce qu’il faut réapprendre à considérer c’est : « est ce qu’il est bon pour ma santé, celle de mes enfants et celle de la planète ? » Donc est-ce qu’il n’est pas néfaste pour l’environnement et la biodiversité ? Ceci est expliqué précisément sur le site the-freaks.fr . Comment choisir les bons produits, les mieux packagés (sous verre, vrac par exemple) et les plus « éco-friendly ». Mieux consommer est la solution à tout.

Le site « The Freaks » a été lancé début juillet. Ce n’est encore que la première phase. La suite ? C’est quoi ? »

Plus de FREAKS, des tutos, des tables rondes, des quizz pour le grand public, des fiches signalétiques pour chaque FREAK, des événements et un site 2.0.  Pour l’instant nous recrutons et nous sommes ouverts à toute demande. Dès que les FREAKS seront une petite centaine nous aurons un rassemblement de followers considérable, nous commencerons alors le travail de sensibilisation à très très grande échelle… Nous visons Janvier 2019.


the freaks : les artistes se mobilisent pour l'environnement

Et parmi les gestes simples proposés par « The Freaks » :

– J’achète des fruits et légumes bio, de saison et de production locale (comme le faisait mamie, au bon vieux temps)

– Je gère mes sacs et mes contenants… J’apporte mes propres tupperwares et récipients à mon épicier ou autre commerçant, ou je lui ramène ceux qu’il me fournit (plats cuisinés, jus, soupes, riz cantonnais etc…) Essayez, ça marche, il sera même très content (ou alors c’est qu’il est très méchant).

– FREAKY LOVE: Je donne régulièrement les choses qui peuvent encore servir à des associations (vêtements, appareils, meubles…) au lieu de les jeter ou de ne pas les utiliser… et je partage certains de mes équipements avec mes voisins (outils, tondeuse, dildo…).

Et toi ? Prêt à adopter des gestes Freaky ?